Affiches Blanches
louer des espaces de la Société Générale d'affichage et y mettre des affiches entièrement blanches
la location des espaces d'affichage dure 14 jours
le coût de la location et du papier est de 60.- CHF
...
ici les statistiques les noms et les photographies des affiches déjà collées
ici pour participer
et
là le projet en détail
pour participer :
1) envoyez 60.- CHF sur le compte bancaire 240-750493.29G avec la mention "affiches blanches".
2) envoyez un email
ici avec vos nom et prénom pour qu'ils figurent sur le site
A) Le mécanisme.
1)Nous louons tous les 15 jours un emplacement d'affichage à la SGA. Sur ces emplacements sont collées des affiches entièrement blanches, ainsi une affiche blanche est toujours visible et circule à Genève pendant 6 mois.
2) La communication du projet est sous forme d'e-mails, de site internet (archive) et de flyers.
3) Les personnes intéressées au projet peuvent y participer en louant elles aussi, à travers nous, des espaces d'affichage supplémentaires, pour la somme de 60.- par affiche (chaque affiche reste collée pendant 14 jours).
B) Les raisons.
La rue est un espace publique. Chacun à le droit d'y faire ce qu'il veut tant qu'il n'enfreint pas de loi, ou, s'il en enfreint une, tant qu'il ne se fait pas prendre.
La publicité par affiches dans les rues est de la communication privée (entreprises) dans un lieu publique. Aucune loi n'interdit la communication privée en lieu publique. Mais la publicité ce n'est pas juste de la communication, c'est le plus souvent une incitation à la consommation. Dans une économie de marché telle que la nôtre aujourd'hui, rien de plus normal, voire même crucial pour la survie de notre société.
Le projet des affiches blanches s'articule ici : on doit pouvoir choisir de se voir conditionné ou pas. En regardant la télévision, je peux l'éteindre si je ne veux plus de ces messages. Je peux ne pas acheter de journaux pour ne pas être confronté à de la publicité. Mais pour l'espace publique, je ne peux pas "éteindre". Tout ce que je peux faire c'est rester chez moi, dans mon espace privé. L'espace publique devient un lieu de non-choix, où je suis constamment obligé de voir (ne serait-ce que brièvement) des images qui me disent comment agir pour être cool, beau, sexy, etc. Si je n'ai pas le choix, c'est qu'une liberté est en train de dispara”tre dans l'espace publique.
Le but des affiches blanches n'est pas d'interdire la publicité (surtout ne pas tomber dans le piège de remplacer une non-liberté par une autre), mais de proposer une alternative sans être toutefois hostile (vandalisme), comme un blanc entre les mots.
Il aurait été plus artistico-politiquement correct de proposer des images autres que celle de la publicité, des images qui proposent d'autres comportements que ceux qui vont dans le sens de la consommation de biens, mais nous voulions une position assez claire. Les publicitaires ont appris depuis longtemps à donner des messages non-simples (comme les campagnes de "teasing" où une première image ne présente pas de produit, mais uniquement une attitude, puis la seconde, ailleurs ou plus tard dans le temps, donne à voir la même image associée cette fois à un objet de consommation). Sous cet éclairage, une image "d'artiste" aurait pu rester suspecte.
Les affiches blanches en elles-mêmes ne sont, cependant, qu'une partie du projet. L'autre étant la participation de personnes étrangères à son organisation.
S'il s'agit de préserver une liberté dans l'espace publique, tout le monde est potentiellement concerné. En fait on pourrait dire que cet appel à participation est un appel à la responsabilité pour l'espace publique. Signifier par un acte que les espaces publiques, la rue en l'occurrence, ne sont pas juste "dehors", mais une partie importante et constituante de la société démocratique (comme l'agora dans la Grèce Antique).
Le projet a pour ambition de discuter la place de la publicité dans l'espace publique, pas de l'abolir.